CNCH Kinshasa : financement, obstacles administratifs, les ONG nationales haussent le ton

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Le 09 avril 2026, une réunion stratégique du Cadre National de Concertation Humanitaire (CNCH) s’est tenue à Kinshasa, sous la présidence de la Première Ministre, marquant une nouvelle étape dans le renforcement du dialogue entre le Gouvernement de la RDC et les acteurs humanitaires.

Cette rencontre de haut niveau a réuni plusieurs parties prenantes, notamment les ONG membres de CONAFOHD, des organisations internationales ainsi que des représentants des institutions publiques, autour des défis majeurs qui entravent l’efficacité de la réponse humanitaire en RDC.

Des enjeux critiques au cœur des discussions

L’agenda de la réunion s’est articulé autour de cinq axes principaux, notamment :

  • Le suivi des recommandations de la réunion d’octobre 2025
  • La continuité des services sociaux dans les zones affectées
  • La levée des obstacles administratifs et fiscaux
  • L’accès humanitaire dans l’Est du pays
  • La communication stratégique

Dans son intervention, le Coordonnateur humanitaire a rappelé l’ampleur des besoins humanitaires en RDC, tout en saluant le rôle crucial des ONG nationales, souvent en première ligne dans les zones difficiles d’accès.

Des contraintes persistantes dénoncées par les acteurs humanitaires

Les discussions ont mis en lumière des défis structurels persistants. Les représentants du Forum des ONG internationales ont évoqué des problèmes tels que la double taxation et les restrictions administratives dans certaines zones.

De son côté, CONAFOHD a porté un plaidoyer fort autour de deux préoccupations majeures :

1. Les tracasseries administratives

Les ONG nationales continuent de faire face à :

  • Des exigences de réenregistrement annuel payant
  • De nouvelles obligations coûteuses imposées par certaines administrations
  • Des frais injustifiés dans le processus d’obtention de la personnalité juridique

Ces pratiques freinent considérablement l’action humanitaire et fragilisent les organisations locales.

2. L’accès limité aux financements

Malgré leur rôle central, les ONG nationales peinent à accéder aux financements directs des bailleurs et même du gouvernement. Elles sont souvent reléguées au rang de sous-partenaires.

Un cas particulièrement préoccupant concerne le Fonds National de Réparation (FONAREV), dont les financements devraient  être orienté  principalement aux agences aux  acteurs locaux, ce qui est loin  d’être réaliste.

Un plaidoyer clair pour une localisation effective de l’aide

Face à ces défis, CONAFOHD a formulé plusieurs recommandations clés :

  • La suppression des tracasseries administratives
  • L’accélération de l’octroi de la personnalité juridique aux ONG nationales
  • La mise en place d’un mécanisme de financement direct des acteurs locaux, notamment à travers un fonds dédié

Des engagements encourageants du Gouvernement

En réponse, la Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale a pris des engagements importants, notamment :

  • La mise en place d’un groupe de travail interministériel pour accélérer l’octroi de la personnalité juridique
  • L’implication du Ministère de la Justice à travers un point focal dédié
  • La reconnaissance du travail des ONG nationales et la volonté de renforcer leur financement

Elle a également insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des fonds et sur le respect des impératifs de souveraineté nationale.

Cette réunion du CNCH marque une avancée dans le dialogue entre le Gouvernement et les acteurs humanitaires. Elle met en évidence une volonté commune d’améliorer la coordination, de lever les obstacles opérationnels et de promouvoir une localisation plus effective de l’aide en RDC.

Cependant, la concrétisation des engagements pris sera déterminante pour transformer ces échanges en changements réels sur le terrain.